Etudier les fonctions cognitives qui caractérisent l’intelligence humaine et animale


Accueil > Perception et attention > - Françoise Vitu-Thibault - Directeur de recherche - Responsable d’équipe

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publié le , mis à jour le

Françoise Vitu

Docteur en Psychologie Cognitive (1990)

Directrice de Recherche au CNRS,
Co-Directrice (avec E. Castet) de l’Equipe Perception & Attention du LPC

 


THEMES DE RECHERCHE

Je travaille dans le domaine de la vision active. Je m’intéresse à déterminer les mécanismes et processus mentaux qui sous-tendent les déplacements du regard dans des tâches perceptives naturelles. Je me suis spécialisée dans l’étude des mouvements des yeux pendant la lecture. Je partage donc de nombreux intérêts avec les psycholinguistes. Cependant, dans le cadre de mon approche, la lecture reste avant tout un outil ou cadre pour l’étude écologique des interactions entre les processus de bas niveau liés à l’extraction des informations visuelles, les processus cognitifs de plus haut niveau et les processus visuo-moteurs impliqués dans la programmation des saccades.

Par le passé, de nombreux auteurs et moi-même sommes parvenus à isoler des patterns de déplacement du regard pendant la lecture que l’on appelle régularités ou universaux de l’exploration. Ces phénomènes sont très robustes puisqu’ils caractérisent les mouvements des yeux des lecteurs adultes et enfants. Ils ont été trouvés dans différentes langues allant de l’anglais à l’allemand et au français. Et de façon encore plus surprenante, ils se généralisent à ce que l’on appelle la lecture de "z" (ou encore l’exploration de lignes de chaînes de caractères sans signification), suggérant donc qu’ils sont indépendants des processus langagiers.

L’ensemble de ces travaux m’ont amenée à proposer l’hypothèse selon laquelle les déplacements du regard dans la vie quotidienne, c’est-à-dire aussi bien lors de la lecture de textes que l’exploration de scènes visuelles, sont principalement guidés par des principes visuo-moteurs fondamentaux/universaux. Au cours des dernières années, j’ai donc développé une nouvelle ligne de recherche visant à déterminer ces principes fondamentaux, à partir de l’étude des corrélats comportementaux des mécanismes neuronaux impliqués dans la programmation des saccades et le traitement des informations visuelles. Ces travaux, à l’intersection de la psychologie et des neurosciences computationnelles de la vision et de l’oculomotricité, reposent sur l’étude paramétrique des propriétés des saccades oculaires dans une grande variété de tâches et pour une large gamme de stimuli (allant de points isolés à des ellipses, des mots et des objets). A long terme, mon objectif est l’élaboration d’un modèle écologique de la vision active.

Une autre question à laquelle je m’intéresse depuis plusieurs années concerne le rôle de l’attention dans la perception visuelle. La question devient évidente lorsque l’on constate que nous sommes confrontés en permanence à des scènes visuelles très complexes. A chaque pause du regard (ou fixation), notre rétine est stimulée par plusieurs objets ou mots simultanément. L’information relative à plusieurs objets ou mots adjacents est-elle traitée en parallèle, avec pour seule contrainte celles imposées par les limites de l’acuité visuelle ? Ou bien est-elle traitée séquentiellement grâce à des mécanismes de sélection attentionnelle ? Nos premiers résultats favorisent l’hypothèse parallèle.