Etudier les fonctions cognitives qui caractérisent l’intelligence humaine et animale


Accueil > Cognition comparée > - Carole Parron - Chargé de recherche

Thèmes de recherche

publié le , mis à jour le

 Ma thématique de recherche concerne principalement les traitements perceptifs et cognitifs appliqués par les primates non-humains (et plus particulièrement les babouins) lors de la reconnaissance d’objets représentés en deux dimensions. Pourquoi cet intérêt pour ce phénomène ? Tout d’abord, parce que pouvoir reconnaître un objet rapidement et correctement est une opération cruciale pour la survie d’un animal et représente donc l’une des fonctions primordiales du système visuel. De plus, les processus permettant à l’animal de reconnaître les objets de son environnement sont complexes, et peuvent aller de la simple détection à l’identification de l’objet concerné.
Pourtant, l’existence de mécanismes de reconnaissance efficaces n’implique pas que la nature de ces processus cognitifs soit la même pour toutes les espèces, puisque les contraintes écologiques peuvent conduire chaque espèce à développer ses propres stratégies de reconnaissance. Les travaux de psychologie comparée que j’ai réalisé jusqu’ici sur la perception de stimuli bidimensionnels (groupement perceptif pré-attentionnel, mémorisation des relations configurales du visage, traitement du mouvement biologique, reconnaissance de photographies réalistes ou de stimuli en pseudo 3D...) montrent que l’homme et le singe, bien qu’équipés de systèmes sensoriels fortement similaires, peuvent interpréter l’information visuelle détectée de manière différente, et donc développer des représentations cognitives spécifiques de l’espèce.Pour des raisons pratiques, mes expériences ainsi que la plupart des études menées sur la reconnaissance d’objet, chez l’homme et chez l’animal, utilisent des images bidimensionnelles de ces objets (stimuli présentés sur un écran d’ordinateur, voir la partie méthodologie). Or, percevoir un objet représenté en deux dimensions n’implique peut-être pas les mêmes opérations que des situations, plus naturelles, de perception directe d’objets réels. Dans ce contexte, la tâche demandée à l’animal nécessite plusieurs étapes : reconstruire perceptivement l’objet tridimensionnel à partir de l’image bidimensionnelle, en utilisant les seuls indices picturaux présents sur cette image, et en négligeant l’ensemble des indices picturaux qui suggèrent que cette image est plate ; reconnaître l’objet réel sur cette image ; et éventuellement interpréter l’image comme étant une représentation de l’objet réel, et pas comme l’objet réel lui-même. A tous ces stades du traitement du stimulus visuel, des divergences peuvent émerger entre l’homme et le singe, dont la cause peut aller de la nature des indices picturaux contenus dans les stimuli bidimensionnels à l’expérience qu’ont les singes avec ce type de représentation. Ainsi, l’enjeu majeur de mes travaux consiste à identifier qui des stratégies perceptives ou des traitements cognitifs sont responsables de l’émergence de telles différences chez le singe. 

Mots clefs : Reconnaissance d’objet représentés en 2D ; Primates Nonhumains ; Perception visuelle ; Expertise ; Cognition Comparée

 

 My research interests focus primarily on perceptual and cognitive processes in nonhuman primates, (mainly in baboons but also in macaques and apes), when performing an object recognition task with two-dimensional stimuli. Being able to rapidly and correctly recognize an object is essential for one animal’s survival, and can imply simple detection or complex recognition.My work have demonstrated important differences between human and nonhuman primates in perceiving two-dimensional stimuli representing several objects (implicit perceptual grouping, memorization of configural relational properties within face, processing of biological motion point-light displays, recognition of realistic photographs, geon’s recognition…).
One plausible hypothesis explaining these differences could be that we use computerized test system to study object recognition (see methodology section) allowing displaying two-dimensional stimuli on a screen. However, for monkeys, perceiving a two-dimensional object possibly implies different operations than seeing a real 3D object. Thus the main aim of my research project is to understand the respective role of perceptual (i.e. role of physical cues available in 2D stimuli) and cognitive (e.g. role of the monkeys’ experience with 2D representation) processes in object recognition in a human/nonhuman primates comparative perspective.

Keywords : Object recognition ; Nonhuman primates ; Visual processing ; Expertise ; Comparative Cognition