Etudier les fonctions cognitives qui caractérisent l’intelligence humaine et animale


Accueil > LPC > Thèses

Soutenance de thèse Laure Minier le vendredi 13 novembre 2015 à 14h

publié le

"Extraction de régularités en situation d’apprentissage de séquences, 
Etude chez l’humain et le primate non-humain"
L’exposition répétée à une séquence de stimulus conduit à la création de représentations mentales isomorphes aux régularités statistiques de cette séquence. Ce phénomène existe chez les humains et les animaux, apparaît très tôt au cours du développement, sur plusieurs modalités perceptives et lors d’apprentissages de séquences motrices. Les représentations créées permettent au sujet de traiter les informations plus efficacement et avec moins de ressources, supportant ainsi des fonctions cognitives de plus haut niveau. 
La littérature a largement documenté les contextes qui permettent ou empêchent l’extraction de régularités, mais les données qui décrivent la dynamique d’apprentissage sont encore manquantes. Cette thèse étudie la dynamique avec laquelle les unités et sous-unités sont extraites, s’influencent et s’organisent lors de l’apprentissage séquentiel chez l’humain et le primate non-humain (babouin Papio papio). 
Nous étudions d’abord l’effet de position (initiale versus finale) des sous-unités emboîtées dans une unité plus large. Notre résultat principale montre que lors de l’apprentissage d’une séquence régulière ABC, la sous-unité finale BC est apprise plus rapidement que la sous-unité initiale AB chez les humains comme les primates non-humains. L’effet est interprété comme résultant d’un contexte AB permettant de prédire le dernier terme C plus riche par rapport au terme A, unique à prédire le terme B. Avec une séquence plus longue ABCD, cet effet ne s’étend pas au-delà des deux termes précédents celui à prédire lors des 2000 essais d’apprentissage. Une seconde étude montre que les humains sont capables d’utiliser la prédictibilité des éléments à différents niveaux de complexité, alors que les singes sont limités aux dépendances locales. Enfin notre dernière étude porte sur l’extraction de régularités en contexte homogène, c’est-à-dire lorsque les unités sont de même longueur, par rapport à un contexte hétérogène, composé d’unités de longueurs différentes. Nos résultats chez les humains comme les singes ne montrent pas d’avantage de l’un ou l’autre des contextes d’apprentissage. 
Ensemble, ces études montrent des continuités et discontinuités entre les primates humains et non-humains dans l’extraction, l’influence et l’organisation des unités de différents niveaux. Elles donnent des informations d’une finesse nécessaires pour contraindre les différents modèles computationnels qui ont été proposés pour décrire l’apprentissage de régularités. 
 
Mots-clés : Extraction de régularités ; chunking ; apprentissage séquentiel ; humains ; primate non-humains